Communiqué – Bilan-Faim 2015 : POURQUOI LE RECOURS À L’AIDE ALIMENTAIRE EST-IL EN BAISSE EN OUTAOUAIS ?

Bilan-Faim 2015

POURQUOI LE RECOURS À L’AIDE ALIMENTAIRE EST-IL EN BAISSE EN OUTAOUAIS ?

Gatineau, le 17 novembre 2015 – L’aide alimentaire d’urgence à travers le Québec a subi une nouvelle hausse de 100 000 demandes et les banques alimentaires manquent de ressources pour y répondre. En effet, selon les résultats de l’enquête Bilan-Faim 2015 réalisée pour les Banques alimentaires du Québec, ce sont plus de 1,7 millions de demandes qui sont faites par mois dans la province. Parmi ces demandes, plus du tiers sont pour des enfants.

Le Bilan-Faim est une enquête annuelle qui fournit des renseignements sur le taux d’utilisation des banques alimentaires du Québec et sur le portrait des personnes qui ont recours à cette aide.

Les résultats du Bilan-Faim pour la région de l’Outaouais diffèrent toutefois de la tendance générale à la hausse observée partout au pays. Le Bilan-Faim 2015 révèle, par exemple, que 15,5% moins de personnes ont fait appel à des dépannages alimentaires par rapport à l’année précédente, soit 4 310 personnes versus 5098. Au total, on estime que 6 249 personnes auraient eu recours mensuellement à une forme d’aide alimentaire incluant des repas et des collations, alors qu’ils étaient 9747 l’an dernier, ce qui représente une baisse de 35,9% de l’achalandage. C’est avec beaucoup de réserve que Moisson Outaouais diffuse donc ces résultats, car cette apparente baisse cache une réalité mitigée; celle de la non-disponibilité des ressources dans la communauté.

La fermeture de la Soupière de l’amitié l’an dernier a créé un grand trou de service au niveau de l’aide alimentaire disponible à la population de Gatineau. Avant sa fermeture, c’est l’équivalent de 27 000 repas qui étaient servis à plus de mille personnes par mois. La Soupière de l’amitié était, de loin, le plus important organisme d’aide alimentaire de l’Outaouais. Les personnes vulnérables et en besoin qui bénéficiaient de son aide n’ont apparemment pas reflué aux portes des autres organismes d’aide de proximité. Cela laisse présumer que l’insécurité alimentaire pourrait s’être aggravée pour ces personnes en besoin dans la dernière année.

Si la fermeture de la Soupière de l’amitié explique en grande partie les baisses de l’achalandage des personnes dans les services d’aide alimentaire, les choix déchirants que les difficultés financières des organismes communautaires les contraignent à faire, sont lourdes de conséquence pour les personnes ayant faim, du fait qu’ils réduisent également l’accessibilité au service. C’est le cas notamment lorsqu’un service de repas est interrompu dans un secteur, lorsque l’on révise à la baisse les critères d’admissibilité des personnes, lorsqu’on limite la fréquence des dépannages, et lorsque l’on décide de réduire les heures d’ouverture.

« La baisse des demandes d’aide d’un tiers dans la dernière année doit être interprétée non comme l’amélioration des conditions de vie de la population mais comme la résultante d’un changement dans l’accessibilité aux services d’aide, explique Sonia Latulippe, directrice générale de Moisson Outaouais. »

« Nous faisons toujours face à un manque de denrées sans compter le manque de fonds pour récolter plus de dons en nourriture. Les enfants et les aînés, parmi les plus vulnérables de la société, sont de ceux qui sont le plus touchés par la faim au Québec. La situation est alarmante et nous avons besoin de l’aide de tous pour donner à manger à ceux qui ont faim au sein de notre communauté. Un dollar donné aux Banques alimentaires du Québec nous permet de redonner l’équivalent de 3 repas » déclare, pour sa part, Zakary O. Rhissa, directeur général des Banques alimentaires du Québec.

Faits saillants du Bilan-Faim 2015, dans le territoire desservi par Moisson Outaouais :

  • Baisse majeure de 35,9% des demandes d’aide alimentaire mensuelles, soit 6249 comparativement à 9 747 en 2014 ;
  • 8% de l’aide alimentaire est offerte à des personnes âgées ;
  • 33 % des bénéficiaires sont des enfants ;
  • 10,1% des demandes proviennent de gens ayant un revenu d’emploi ;
  • 80% des organismes d’aide alimentaire disent avoir manqué de nourriture au cours de la dernière année.

Version complète du rapport Bilan-Faim Québec 2015 disponible au : www.banquesalimentaires.org/BilanFaimQc2015

Note : Quoiqu’un service de repas le midi ait été relancé avec l’aide du CISSSO et de la Soupe populaire de Hull pour le secteur Notre-Dame de Gatineau, ces statistiques ne sont malheureusement pas prises en compte dans la présente étude, ce qui représente une limite de l’outil Bilan-Faim.

À propos de Moisson Outaouais
Moisson Outaouais a pour mission d’assurer la sécurité alimentaire des personnes vivant des conditions socioéconomiquement difficiles, en partenariat avec ses organismes affiliés en Outaouais. Au cœur d’un vaste réseau d’entraide, la vision de Moisson Outaouais est d’être le leader régional dans sa mission d’assurer la sécurité alimentaire tout en soutenant le développement d’initiatives favorisant l’autonomie alimentaire des personnes. Plusieurs milliers de personnes par mois recourent à de l’aide alimentaire pour combler leurs besoins en nourriture, parmi lesquelles le tiers sont des enfants. La faim hypothèque leur croissance, leur santé et leur capacité d’apprentissage.

www.MoissonOutaouais.com

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