La soupe d’amis

John-Hodgson-chef-de-production-tourtièresPar : Nathalie Ayotte

J’ai eu le grand plaisir de visiter la Soupière de l’Amitié, l’été dernier. Voici ce qui en est ressorti :

Jeudi matin, 9 h – J’ouvre la porte du centre d’aide alimentaire pour les personnes dans le besoin et je monte les quelques marches pour me rendre à la cafétéria. Des sourires abasourdis et des regards curieux m’accueillent. Au même moment, une dame avenante me reçoit comme une vieille amie, les bras grands ouverts en guise de bienvenue. J’explique que je suis de la banque alimentaire régionale et que je viens rencontrer le directeur général. On m’amène à travers la grande cafétéria où des prières sont affichées aux murs, incluant la prière préférée de ma grand-mère, ce qui me ramène aussitôt à ma tendre enfance.

Ça y est, je me sens déjà bien dans cet endroit.

On m’amène directement dans le bureau du dg qui m’explique que 75 % de la nourriture qu’ils ont provient de chez nous. Puis, s’empresse à énumérer les nombreux services qu’ils offrent :

  • 100 à 150 repas chauds sont servis tous les midis
  • 3 à 4 bénévoles préparent 1 500 muffins par jour pour les 160 000 petits déjeuners qui sont servis dans 32 écoles au cours d’une année scolaire
  • Une friperie au sous-sol fait la vente de vêtements, jouets, etc.
  • Environ 20 paniers sont façonnés par des bénévoles pour le dépannage alimentaire d’urgence toutes les semaines
  • Le petit marché fait la vente de surplus les vendredis dans le but d’éliminer le gaspillage d’aliments
  • Une trentaine de bénévoles font 14 000 tourtières, 2 300 tartes aux pommes, de la sauce à spaghetti, moutarde sucrée et ketchup aux fruits pour en faire la vente dans les épiceries durant le temps des fêtes
  • Et j’en passe…

Je demande pour faire une visite des lieux et l’adjointe m’accompagne au travers la cafétéria où je remarque que, malgré qu’il soit tôt, des clients commencent déjà à se rassembler en attendant le repas du midi. On visite l’entrepôt et ses nombreux réfrigérateurs et congélateurs, puis, la friperie au sous-sol. Elle m’explique qu’il existe également une immense salle au deuxième étage où avait lieu des soirées bingos auparavant qui comptaient pour un bon pourcentage de leurs levées de fonds.

De retour au rez-de-chaussée, je rencontre plusieurs bénévoles qui s’avèrent à diverses tâches (certaines de leurs propres initiatives), le chef qui s’apprête à faire le repas du midi, et John, le chef de tous les chefs avec son magnifique sourire en permanence.

De tous ces merveilleux gens, la personne qui m’impressionne le plus est Robert : cet homme qui travaille à la cuisine comme bénévole quatre jours par semaine est à sa retraite … et un ancien employé de cette soupière! Ça, c’est avoir la cause dans le sang!

Je ne peux m’empêcher de me demander si j’aime mon travail au point où le jour où je prendrais ma retraite, j’y retournerais travailler sans rémunération? Et vous? Avez-vous votre emploi dans le sang?

Ce contenu a été publié dans